
L’Américaine fait taire le public de Glyfada après l’un de ses 5 paniers à trois points. © FIBA
FINALE ALLER :
Dans le premier acte de la finale de la Basketball Champions League, le CIMSA CBK Mersin a arraché la victoire 85-80 sur le parquet de l’Athinaikos Qualco. Les Turques prennent cinq points d’avance avant le match retour, sans avoir encore scellé leur destin.
| Athinaikos | CBK Mersin | 80 – 85 |
Le Palais Municipal Athletique « Makis Lioukas » de Glyfada était acquis à la cause locale, et l’Athinaikos a su puiser dans cette énergie pour livrer un premier acte de grande qualité. Dès l’entame, les deux équipes ont affiché leurs ambitions : jeu rapide, intensité défensive et duels acharnés sous les panneaux. Ce sont finalement les Turques qui ont su maintenir leur concentration dans les moments chauds pour repartir de Grèce avec l’avantage.
Le match s’est joué sur un fil pendant quarante minutes. Athinaikos a longtemps cru en ses chances, s’appuyant sur la domination physique de Kristine ANIGWE (18 points, 10 rebonds) dans la raquette et sur l’efficacité de Robyn PARKS (17 points). Mais chaque fois que les Grecques semblaient sur le point de prendre le large, Mersin répondait par un tir primé ou une action collective de grande classe. Au final, c’est bien la précision turque derrière l’arc qui a fait la différence dans ce premier acte.
La statistique résume à elle seule le match : 11 tirs primés réussis pour Mersin contre seulement 3 pour Athinaikos. Un gouffre. Les joueuses de Mersin ont su exploiter chaque espace laissé par la défense grecque pour armer de loin, avec une réussite remarquable : 52% d’adresse globale à trois points sur l’ensemble de la rencontre.
Kennedy BURKE a été la principale artisane de ce festival offensif. L’Américaine a fini avec 25 points. Sa capacité à créer son tir en isolation comme en sortie de bloc en a fait un problème insoluble pour la défense d’Athinaikos et elle a été présente dans chaque moment décisif de la partie.
Mais BURKE n’a pas été seule. Sortie du banc, Laura JUSKAITE a elle aussi brillé de mille feux (17 points, 3/3 à trois points). Une performance XXL en sortie de banc qui illustre la profondeur d’un effectif turc difficile à épuiser sur quarante minutes. Lindsay ALLEN, enfin, a assumé son rôle de meneuse avec sérieux (16 points, 6 rebounds) dictant le tempo et gérant les temps forts avec maîtrise.
Les Grecques ont elles aussi pourtant montré des choses très intéressantes, à commencer par Kristine ANIGWE, impressionnante pivot qui a régné sur la peinture tout au long du match (18 points, 10 rebonds). Sa présence physique a compliqué la vie des intérieures turques et lui a permis de forcer de nombreux lancers.
Robyn PARKS (17 points, 6 rebonds) a été son alter ego en attaque, montrant une belle palette de mouvements près du cercle. Alexis PRINCE (11 points) a tenté d’apporter de la création offensive en périmètre, et Diamond MILLER (13 points ) a prouvé qu’elle pouvait peser dans ce match dès lors qu’elle touchait le ballon dans de bonnes conditions.
Le point noir reste l’adresse collective derrière l’arc. Holly WINTERBURN (6 points) a bien animé le jeu en tant que meneuse, mais son 1 sur 9 au tir global a pesé sur l’économie offensive d’Athinaikos. Borislava HRISTOVA (5 points, 3 rebonds) et Ana TADIC (3 points) n’ont pas réussi à peser suffisamment depuis le banc pour combler le déficit d’adresse. Si les Grecques veulent renverser la situation au match retour, elles devront impérativement trouver plus de solutions sur la ligne à trois points.
Cinq points, c’est à la fois suffisant pour aborder le retour avec sérénité et insuffisant pour crier victoire. En basketball, un tel écart peut s’effacer en l’espace d’un bon début de match. Mersin aura l’avantage de jouer à domicile avec le soutien de son public, mais l’Athinaikos viendra en Turquie avec la conviction que ce n’est pas terminé et les statistiques lui donnent raison. Une chose est sûre : les deux équipes ont prouvé dans ce match aller qu’elles étaient capables de basket de grande qualité. Le second acte promet d’être encore plus intense, avec le titre européen au bout.
