
La saison 2026 de WNBA a démarré la nuit dernière, Rachid MEZIANE est revenu sur l’intersaison de sa franchise © Connecticut Sun
Cette interview a été soumise au technicien français juste avant le début des demi-finales de la Boulangère Wonderligue, soit à la fin du mois d’avril. Entre la fin du « training camp », les matchs de pré-saison et les dernières décisions à prendre sur l’effectif de début de saison, Rachid MEZIANE a donné de son temps pour répondre à plusieurs de nos questions.
Rachid, toute la rédaction de Postup.fr vous passe le bonjour et vous remercie une nouvelle fois pour votre confiance envers notre média ! Nous sommes ravis de pouvoir échanger avec vous après un début d’année 2026 qui a été très sportif ! Vous allez entamer votre deuxième saison en tant que coach principal de la franchise WNBA du Connecticut Sun et vous êtes actuellement en pleine pré-saison avec les camps d’entraînement qui battent leur plein outre-Atlantique.
Lors de notre dernier entretien ensemble, cela remonte déjà à octobre dernier, nous avions évoqué plusieurs sujets qui ont eu des dénouements sur les dernières semaines et qui ont complètement chamboulé la WNBA. En effet, entre le nouveau CBA, la « free agency » et les drafts faites dans l’urgence , accompagné aussi par la vente de votre franchise et donc le déménagement vers Houston à partir de 2027, cette intersaison est probablement l’une des plus complexes de l’histoire. Comment gardez-vous le cap malgré ce contexte ?
C’est vrai que c’est une intersaison très particulière, probablement une des plus mouvementées avec la négociation du nouveau CBA. La clé, c’est de rester concentré sur ce qu’on maîtrise : le sportif, le quotidien, la progression de nos joueuses sous contrat. Il y a beaucoup de paramètres extérieurs, mais si on commence à se disperser, on perd en efficacité. Donc on garde une ligne claire.
Un peu dans le même thème, comment prépare-t-on une saison sportive tout en sachant que la franchise va changer de ville quelques mois plus tard ?
Honnêtement, on essaie de cloisonner. Le déménagement est important pour la franchise, mais notre mission reste la même : développer nos jeunes joueuses et voir où est ce que cela va nous mener. Les joueuses ont besoin de stabilité, donc on met l’accent là-dessus.
Entre donc cette annonce, et le nouveau CBA négocié, cela a dû vous donner beaucoup de travail et de réflexion : pensez-vous que les nouveaux accords salariaux vont réduire l’écart entre les équipes déjà très installées et celles en reconstruction ?
Ça peut aller dans ce sens, oui. Des conditions salariales plus équilibrées peuvent redistribuer certaines cartes. Mais dans le sport, il y aura toujours des cycles : des équipes dominantes et d’autres en construction. On comprend vite où est ce que nous nous situons.
L’arrivée de deux nouvelles équipes en WNBA change-t-elle votre manière d’aborder la saison ou la gestion de l’effectif ? Est-ce que cela crée davantage d’opportunités pour les joueuses européennes ? Il y’a d’ailleurs deux places réservées à des joueuses en « développement »
Le nombre de matchs va rester identique cette saison (44) pour la saison régulière. Donc l’approche reste la même. Deux nouvelles équipes donc peut être deux autres façons de jouer. Ça va nous pousser à scouter un peu plus. Concernant les joueuses, forcément, ça élargit le marché. Il y a plus de places, donc plus d’opportunités, notamment pour les Européennes. J’aurai tendance à dire qu il y a moins de talents gaspillés avec l’expansion de la ligue, peu importe leur nationalité. Après, le niveau reste très élevé, donc il faut être prêt immédiatement. C’est un vrai bonus d’avoir deux joueuses de développement greffées à notre roster. Elles pourront profiter de quelques opportunités pendant la saison.
Quels étaient les axes prioritaires du recrutement pour 2026 ? Travaillez-vous sur d’autres dossiers d’ici le début de saison ou à court terme ?
On avait des axes clairs : équilibre de l’effectif, capacité défensive, polyvalence. Le recrutement est un travail continu, donc oui, on reste attentifs aux opportunités tout au long de la saison (« free agent », « trade »)
La défense du Connecticut Sun avait été un axe fort en fin de saison 2025 : est-ce toujours la base du projet 2026 ? L’addition d’Aaliyah EDWARDS a été un vrai succès d’ailleurs dans cet aspect du jeu.
Oui, clairement. La défense, c’est notre identité. On veut en faire les fondations de notre jeu car en plus nous avons une équipe très jeune qui va avoir besoin de temps pour trouver son alchimie offensive. L’arrivée d’Aaliyah EDWARDS nous a beaucoup aidé dans ce domaine, elle apporte de l’impact, de la présence et de la polyvalence.
Au niveau de votre staff, y’a-t-il eu des évolutions par rapport à la saison dernière ?
Il n y a qu’un seul changement Kristen MANN qui a fait le choix de rejoindre la franchise du New York Liberty.
Quelles sont les premières impressions sur l’état d’esprit du groupe et les sessions d’entraînement jusqu’à présent ? Un mot sur Saniya RIVERS qui a l’air d’apporter une immense bonne humeur dans la vie de groupe ?
Les premières impressions sont positives. Il y a de l’énergie, de l’envie de travailler ensemble. Saniya RIVERS apporte beaucoup de fraîcheur et de bonne humeur, et ça compte aussi dans la dynamique d’un groupe. Elle doit cette année avec Brittney GRINER endossé un rôle plus important de leader sur et en dehors du terrain.
Dans votre effectif communiqué, il y a notamment 3 Françaises, dont Nell ANGLOMA, c’est un jeune profil qui a encore une marge de progression élevée. Avez-vous échangé avec la joueuse qui joue actuellement les Playoffs de la Boulangère Wonderligue avec son club du BLMA ? Va-t-elle rejoindre l’équipe dès cette saison ?
Oui, on suit Nell ANGLOMA de près. C’est un profil très intéressant, avec du potentiel. On a respecté son calendrier et maintenant elle devrait nous rejoindre très rapidement.
Elle va d’ailleurs jouer face à Leila LACAN qui enchaîne les récompenses individuelles cette saison Europe. Avez-vous le sentiment qu’elle est en train de passer un nouveau cap dans sa carrière ?
Ce n’est pas qu’un sentiment, Leila LACAN est clairement en train de franchir un cap. Elle m’impressionne par la régularité avec laquelle elle contribue aux belles performances collectives de Basket Landes. Elle gagne en maturité, en impact. C’est une progression logique pour une joueuse de son talent.
Concernant votre futur, pouvez-vous nous parler d’autres projets à venir ou vous êtes exclusivement « focus » sur le début de saison à venir avec le Connecticut Sun ?
Aujourd’hui, je suis totalement concentré sur le Connecticut Sun et le début de saison. Je veux profiter de cette expérience au maximum et donc vivre pleinement le présent. Et puis dans ce métier, le présent te prend déjà tout ton temps. Le reste viendra en temps voulu…
Véritable passionné de sports collectifs depuis de nombreuses années ! Né la même année où le Limoges CSP avait remporté la première Coupe d’Europe de l’histoire du sport français, n’était sans doute pas un hasard ! Même si le ballon ovale est roi où j’habite, j’aime contribuer à mettre en lumière le basketball féminin.
