
Les Américaines ont accéléré dans un troisième quart fatal pour les Bleues © FIBA
| Etats-Unis | France | 97-79 |
Dès l’entame de cette finale tant attendue, la France arrive à Berlin des étincelles plein les baskets et prouve tout de suite qu’elle n’est pas venue faire de la figuration. Les deux équipes se répondent coup pour coup dès les premières minutes, dans un quart-temps électrique où aucune des deux formations ne parvient à installer un réel écart. Gabby WILLIAMS (20 points, 7 passes décisives) donne le ton très tôt avec un tir à trois points qui égalise la marque à 15-15, immédiatement suivi d’un panier rapide en contre-attaque de Dominique MALONGA (21 points et 6 rebonds), totalement libre sous le panier comme si les Américaines avaient oublié de la compter à l’appel. Côté américain, Breanna STEWART et Chelsea GRAY répondent présentes d’entrée, avec 6 points chacune sur ce début de match. Peu après, une réalisation à trois points de Marine JOHANNÈS (5 points) permet à la France de reprendre l’avantage 18-17. Mais c’est la fin de quart-temps qui marque les esprits : les Bleues concluent sur un 10-2 sans pitié, laissant les Américaines complètement asphyxiées offensivement, pour boucler cette première période avec trois points d’avance. À l’issue de ces dix minutes, Gabby WILLIAMS compte déjà 6 points et Dominique MALONGA 4, les deux gardiennes du contrat offensif tricolore sont déjà lancées.
C’est le grand moment du tournoi pour les Bleues, celui qu’on rejouera en boucle sur les réseaux. Gabby WILLIAMS (6 réussites sur 16 tirs tentés, 4 sur 8 à trois points) devient injouable — défense agressive, drives tranchants, tirs primés à répétition — et pousse l’avance française jusqu’à 14 points, du jamais-vu pour les Américaines sur tout le tournoi. Les Bleues, en état de grâce collective, terminent la première mi-temps à 8 réussites sur 14 tentatives à trois points (57%), un pourcentage à faire pâlir n’importe quel adversaire, comme si le cercle s’était soudainement élargi rien que pour elles. Valeriane AYAYI (8 points) et Dominique MALONGA ajoutent leur pierre à l’édifice pour maintenir la pression sur une défense américaine complètement débordée. Ce n’est qu’en toute fin de période que Team USA sort la tête de l’eau : un tir à trois points de Caitlin CLARK (12 points) au buzzer réduit l’écart à seulement deux points, gâchant un peu la fête. La France regagne malgré tout les vestiaires en tête, 45 à 43, et Gabby WILLIAMS boucle cette première mi-temps à 16 points et 3 interceptions, la meilleure joueuse du match à ce stade, toutes équipes confondues. Jackie YOUNG, elle, commence tranquillement sa montée en puissance avec 13 points déjà à la pause.
Et puis, retour de vestiaires : la fête est finie. Les Américaines reviennent métamorphosées défensivement, et la France encaisse un 30-12 sans appel qui va rester comme LE tournant de cette finale. Breanna STEWART (22 points) égalise dès le début de la période, avant que Napheesa COLLIER (6 points) ne mette la Team USA devant pour la première fois depuis un moment. Symbole de ce dérèglement collectif : Gabby WILLIAMS, injouable vingt minutes plus tôt, se retrouve totalement muselée et reste bloquée à ses 16 points sans inscrire le moindre panier supplémentaire sur cette période, la défense américaine a visiblement retrouvé la notice. La belle adresse extérieure française s’évapore aussi vite qu’elle était apparue : un seul tir primé sur cette période, contre huit en première mi-temps. Dominique MALONGA tente bien de maintenir son équipe à flot en allant chercher des ballons près du cercle, mais elle se retrouve bien seule face à une défense américaine devenue un mur, qui multiplie les interceptions et les paniers faciles en contre-attaque. En face, Jackie YOUNG enchaîne les tirs à trois points et passe la barre des 18 points, tandis que Kahleah COPPER (15 points) apporte une énergie précieuse depuis le banc. À l’issue de ce quart-temps cauchemardesque, la France se retrouve menée 73 à 57, un retournement de 16 points par rapport à la mi-temps, de quoi donner le tournis.
Dans ce dernier acte, l’écart continue de se creuser jusqu’à atteindre 23 points, avant que les Bleues ne sauvent un peu les meubles en fin de rencontre, notamment grâce à un tir à trois points tardif de Migna TOURÉ (3 points). Côté américain, Breanna STEWART referme sa performance en beauté avec 22 points (7/10 aux tirs, 70% de réussite), 10 rebonds et 4 passes décisives, la meilleure marqueuse du match, tandis que Jackie YOUNG boucle une soirée exceptionnelle à 18 points, 6 rebonds et 5 passes décisives. Chelsea GRAY termine avec 12 points, 4 rebonds et 5 passes décisives. Le score final (79-97) est sans appel, mais il ne doit pas effacer la prestation de deux joueuses françaises en état de grâce individuelle : Dominique MALONGA referme la rencontre à 21 points (67% de réussite aux tirs ) et 6 rebonds, tandis que Gabby WILLIAMS boucle son match à 20 points et 7 passes décisives, confirmant qu’elle reste la meilleure joueuse française du tournoi. À elles deux, elles auront porté l’attaque tricolore sur près de la moitié du match. Pas de médaille d’or à la clé, mais deux masterclass individuelles qui donnent furieusement envie de voir la suite pour ces Bleues.
Deux couronnes individuelles pour Team USA
Sans surprise au vu de sa prestation XXL, Jackie YOUNG a été désignée MVP de la finale, récompense logique pour une joueuse qui aura fait très mal aux Bleues dans le sillage du concert collectif américain en seconde période, avec 18 points, 6 rebonds et 5 passes décisives. Sur l’ensemble du tournoi, c’est Breanna STEWART qui repart avec le titre de MVP du Mondial, décrochant ainsi sa deuxième couronne individuelle dans la compétition après celle glanée en 2018, une manière pour la capitaine américaine de confirmer, à 32 ans, qu’elle reste la référence absolue du basket international.
Gabby Williams dans le cinq majeur du tournoi
Consécration supplémentaire pour la capitaine des Bleues : Gabby WILLIAMS, également élue Meilleure Défenseure, a été désignée dans le All-Star Five de la Coupe du Monde 2026, le cinq majeur officiel de la compétition, aux côtés de Breanna STEWART et Jackie YOUNG côté américain, ainsi que de l’Espagnole Iyana MARTIN (aussi élue Meilleure Jeune) et l’Allemande Leonie FIEBICH. Une reconnaissance amplement méritée pour celle qui aura porté l’attaque française tout au long du tournoi, et qui confirme, s’il en était encore besoin, qu’elle fait aujourd’hui partie du gratin mondial à son poste. Par ailleurs, celui qui a été élu Meilleur Coach de ce Mondial, c’est l’Espagnol Miguel MENDEZ.
