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Ligue 2 : A la rencontre de Corinne BENINTENDI, Olga MAZNICHENKO et Camille CABATON (Montbrison)

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Corinne BENINTENDI, coach de Montbrison © Eric MOULARD

 

Le championnat Ligue 2 bat son plein. Alors que les places pour les play-offs deviennent de plus en plus rares et que 4 équipes (en dehors du INSEP) redescendront, il ne reste plus de droit à l’erreur pour les équipes participantes. Nous sommes allé à la rencontre de l’une d’elle, la surprenante équipe de Montbrison. Après un parcours historique sur ces 5 dernières années, le club ligérien affiche clairement ses ambitions en Ligue 2. Entretien avec Olga MAZNICHENKO, Camille CABATON et sa coach emblématique Corinne BENINTENDI.

 

 

Depuis 2013, et son titre de champion de France, puis votre arrivée pour la saison 2013-2014, Montbrison a connu une ascension exceptionnelle, en glanant à nouveau le titre de champion de France NF2 en 2014 et NF1 en 2015. Depuis deux saisons, l’équipe évolue en Ligue 2. Qu’est-ce qui a permis cette ascension fulgurante ?

Corinne BENINTENDI : Je pense qu’on avait fait un bon recrutement, on l’a toujours fait. On a pu trouver une alchimie entre les joueuses,  on a su être ambitieuse et performer pour viser à chaque fois le titre. Depuis la Ligue 2 c’est un petit peu plus difficile. L’année dernière, on s’est maintenu sportivement, mais on avait été déclassé administrativement parce qu’il y avait eu ce problème avec Tarbes et Dunkerque. Il a fallu rebâtir cette année une équipe à partir du 10 juin et c’était tard. Cette année, on a une équipe qui se bat avec les moyens qu’elle a.

 

La petite salle de Montbrison vibre à chacun des matchs à domicile, avec un réel engouement du public. Est-ce que cela a aidé l’équipe à gravir tous les échelons un par un ?

Dans les autres salles, partout il y a du public. On était à Landerneau ce week-end, il y a 1500 personnes qui sont avec elles. Je pense qu’en Ligue 2 il y a beaucoup de supporters qui suivent les équipes. Les salles où l’on va c’est souvent plein. Sauf peut-être à Calais, où il y a peu de monde parce que la salle est très grande. Cela nous aide, on s’en sert mais on a aussi perdu des matches ici avec le public. Il faut plus qu’on se concentre sur notre jeu à nous.

 

Pour sa première saison en Ligue 2, Montbrison a su conserver sa place dans le championnat. Aujourd’hui, lors de la 2ème saison, l’équipe figure à la 9ème place du classement, à la fois proche de la relégation mais aussi des play-offs. Quels étaient les objectifs de début d’année, et sont-ils les mêmes pour cette fin de saison ?

En début d’année, l’objectif était de ne pas descendre, il y a quand même 4 descentes sans l’INSEP. Soit tu joues les play-offs, soit tu joues la descente. Maintenant, notre objectif est de jouer les play-offs. Il nous reste 5 matches, on a fait des irrégularités à la maison, alors qu’on aurait dû gagner ces matches-là, qui nous aurait mis à l’abri. On a aussi fait des performances à la maison qui compense un petit peu tout ça. Mais on manque de régularité encore une fois. “

 

L’équipe à démontré qu’elle pouvait réaliser de véritables exploits en s’imposant contre les leaders du championnat à domicile, mais également manquer de peu certains matches contre des adversaires directs. Qu’est-ce qui manque encore à cette équipe pour gagner les rencontres décisives et essayer d’atteindre les play-offs ?

En début d’année, l’objectif était de ne pas descendre, il y a quand même 4 descentes sans l’INSEP. Soit tu joues les play-offs, soit tu joues la descente. Maintenant, notre objectif est de jouer les play-offs. Il nous reste 5 matches, on a fait des irrégularités à la maison, alors qu’on aurait dû gagner ces matches-là, qui nous aurait mis à l’abri. On a aussi fait des performances à la maison qui compense un petit peu tout ça. Mais on manque de régularité encore une fois.

 

Si vous vous qualifiez pour les play-offs, dans quel état d’esprit et avec quelles ambitions les aborderez-vous ?

On ira le plus haut possible. Pour l’instant on n’est pas encore qualifié, il reste 5 matches dont 3 à la maison, 2 à l’extérieur à Dunkerque et Roanne. Ce sont des matches qui sont à notre portée, maintenant est-ce que l’on en est capable, je n’en sais rien. Je le souhaite, je le veux, on travaille pour ça, maintenant est-ce qu’on en est capable, ça dépend que de nous. On va voir samedi contre Calais. C’est un match important, sauf que Calais sort de 3 défaites à la suite et une victoire d’un point à Dunkerque donc elles viennent à la maison avec le couteau entre les dents.

 

Montbrison retrouve une équipe complète, avec le retour de Désirée BAKABADIO dans ses rangs. Est-ce que cela permet d’envisager plus sereinement la suite de la compétition ?

Non parce que déjà Nelly est blessée au genou, on ne sait pas si elle va jouer samedi, c’est la première chose. Et la deuxième chose, notre problème ce n’est pas le fait d’être au complet ou pas, le problème c’est que l’on n’arrive pas à être constante, ensemble, sur tout un match. On se bat pour ça, mais on manque de constance.

 

La recrue ukrainienne Olga MAZNICHENKO est à ce jour la meilleure marqueuse et l’une des meilleures joueuses de ce championnat. Comment l’avez-vous recrutée ?

Je la voulais absolument! J’ai travaillé à l’époque de Challes-les-Eaux avec son agent et c’est elle que je voulais. C’était un bon recrutement et heureusement.

 

Quelles sont les joueuses encore sous contrat l’année prochaine que l’on verra à nouveau évoluer à Montbrison ?

 Je ne sais pas. Le problème, c’est qu’on ne sait pas à quel niveau on va jouer, en Ligue 2 ou en Nationale 1 et ça change tout. Pour l’instant, on est focalisé sur ce que l’on va faire, à  quel niveau on va jouer l’année prochaine,  mais on ne peut pas savoir exactement comment ça va se passer. Tout dépend à quel niveau on va jouer.”

Olga MAZNICHENKO, joueuse ukrainienne de Montbrison. © Eric MOULARD

Après avoir effectué un court passage en France à Arras en LFB lors de la saison 2010/2011, pourquoi avoir décidé de revenir en France, en Ligue 2, à Montbrison ?

Olga MAZNICHENKO : Je suis allée en Italie avant pendant 3 ans. J’ai joué là-bas et je connaissais beaucoup de joueuses.  C’était toujours la même chose et je voulais changer. L’année dernière en Italie, ils m’ont demandé de venir en Belgique en Eurocoupe (à Namur, ndlr). J’ai signé le contrat et je n’ai passé que 3 mois en Belgique et après je suis parti en Bulgarie pendant 4 mois (à Lukoil Neftochimic, ndlr). Après mon agent m’a demandé où je voulais aller. Il m’a proposé en Italie, en Russie, ou en France en deuxième division. Je lui ai dit: « Plus l’Italie, j’en ai marre de l’Italie! »  Pour le salaire tu dois toujours demander quand on va l’avoir. Je l’attends encore mon salaire de l’Italie. Peut-être que j’essaierai la France, j’ai demandé des informations sur l’équipe, la coach, la ville. J’aurais voulu une ville plus grande, c’est très tranquille.

 

Que pensez-vous de la saison de Montbrison ?

À chaque match, nous essayons de devenir meilleures. Au début c’était difficile, il y avait beaucoup de nouvelles joueuses, il restait juste Aurélia (BOUILLON), Camille (CABATON), Émilie (DUVIVIER) et Amina (NJONKOU) n’avait joué que 6 matches la saison précédente. Pour moi et les autres joueuses, c’était quelque chose de nouveau. Dans un nouveau pays, tu dois jouer différemment. En France, ils préfèrent jouer beaucoup plus sur la défense, toute l’équipe ensemble, en groupe. En Turquie, ça joue avec des joueuses américaines, c’est beaucoup en un contre un, pas de défense. Nous travaillons beaucoup ici. On veut rester en deuxième division, mais si c’est possible d’aller plus haut, on essaiera. Pour le moment, il nous reste 5 matches difficiles, nous devons gagner pour jouer les play-offs. On a perdu des matchs qu’on aurait dû gagner, comme face à Aulnoye, la SIG, Toulouse à la maison, mais on a gagné contre La Roche, Chartres. Montbrison c’est vraiment une équipe folle! Personne ne sait comment jouer contre nous. Mais quand on joue toutes ensemble, on gagne tout. On n’est pas une très grande équipe mais on est une bonne équipe.

 

L’équipe réalise de bonnes performances mais n’est pas régulière sur la saison. Qu’est-ce qui manque à cette équipe pour remporter ces matches ?

Nous avons besoin de concentration. D’écouter ce que Corinne nous dit de faire. C’est ce dont nous avons besoin pour gagner, de jouer en équipe, comme un groupe. Rien d’autre, juste d’être concentrées sur les matchs et essayer de mieux faire.

 

Comment est le moral de l’équipe suite aux défaites ?

Ca va plutôt bien. On a perdu à domicile contre Toulouse et à l’extérieur contre Landerneau (Défaite de 9 points, ndlr). Mais à l’aller, nous avions perdu de 20 points contre Landerneau et c’est une très grande équipe. Pour moi, elles sont meilleures que Chartres et La Roche. Elles ont de meilleures joueuses.”

 

Actuellement, vous êtes la meilleure marqueuse du championnat et l’une des meilleures joueuses, était-ce un objectif individuel avant de commencer la saison ?

Non. Tout le monde veut être la meilleure, c’est normal. Quand tu arrives en tant que joueuse étrangère, tu dois jouer plus, marquer plus de points. Si tu viens, que tu scores 25 points mais que tu perds, il n’y a pas d’intérêts. Certains matchs, j’ai très peu scoré comme contre Landerneau à domicile, je n’ai marqué que 3 points. C’était dur au début, mais maintenant ça va mieux. J’aime scorer mais c’est mieux si l’équipe gagne. Si tu marques beaucoup et que tu gagnes, c’est bien. Mais même si je marque 10  points et qu’on gagne c’est bien. Mais je ne pense pas vraiment à mes statistiques.

 

Est-ce que vous aimeriez rester jouer en France l’année prochaine ?

J’aimerais rester en France mais j’attends de voir ce qu’il va se passer.

 

 Camille CABATON, capitaine de Montbrison. © Eric MOULARD

 

 

Cela fait quelques années que vous jouez à Montbrison, et vous avez connu toutes les ascensions une par une. Comment avez-vous vécu ces années historiques ?

Camille CABATON : Je suis arrivée à Montbrison quand j’étais en NF3. Le club avait fait les play-offs l’année d’avant, et il avait échoué à une défaite. Le projet du club était de monter en Nationale 2.  Pour moi, c’était un super beau projet. C’est ce que l’on a fait sur la saison, on a été invaincues, on est passé en Nationale 2 et on a enchaîné. Chaque année, je me suis remise en question sur mon basket et chaque année j’ai voulu travaillé plus dur pour progresser. Parce que quand on monte de niveau forcément les joueuses en face sont plus fortes. Le défi physique est plus dur. J’ai passé les échelons comme ça en voulant vraiment travailler dur et pouvoir évoluer au niveau supérieur.

 

Est-ce que vous vous attendiez à jouer un jour en Ligue 2 ?

Mon rêve, j’ai toujours voulu jouer au basket au plus haut niveau où j’aurais pu évoluer. Quand j’ai joué en Nationale 2, je me suis dit “je peux jouer en Nationale 2”. Quand on est monté en Nationale 1, “je peux jouer en NF1” et quand on est monté en Ligue 2 etc. Honnêtement, quand je suis arrivée, mon objectif était de jouer en NF3, après je ne voyais pas tout de suite plus haut, plus vite. C’est une ascension que je n’oublierai pas. Je suis heureuse d’y être, mais je ne pensais pas arriver en 3 ans de passer de Nationale 3 à Ligue 2.

 

Maintenant que l’équipe est en Ligue 2, les victoires se font un peu plus rares. Est-ce qu’il est facile de garder le moral alors que l’équipe dominait généralement le championnat lors de ces dernières années ?  

L’an passé, c’était notre première année en Ligue 2. Quoi qu’il arrive on sait que c’est le niveau pro. Il y a beaucoup de joueuses que l’on rencontre qui ont joué toute une carrière en Ligue Féminine. On sait que la Ligue 2 c’est vraiment un encadrement autre. On savait que la première année allait être dure. On a essayé de travailler comme on a pu, avec nos armes à nous. On est arrivées à obtenir le maintien. On s’est dit la deuxième année “on sait le niveau que c’est, on sait maintenant les exigences de ce niveau, de cette catégorie.” On a voulu cette année bâtir une équipe pour jouer dans les 8 premiers rôles. On a quelques défaites qui nous ont coûté notre maintien un peu confortable dans les 8 premières. Il nous reste 5 matches, il va falloir tout donner pour être dans ces 8.

 

Quelle est la force de cette équipe ?

Si en attaque on joue bien ensemble, on arrive à bien se passer la balle facilement, on trouve des paniers faciles, et on marque. En défense, c’est pareil si on a envie de jouer les unes pour les autres, on va être dans les aides, dans les rotations, on va tout le temps s’aider. Pour moi quand on joue comme ça, on est une équipe imbattable. Contre Chartres et La Roche, les deux meilleures équipes de la Ligue, on a prouvé qu’on peut rivaliser. Je ne vais pas dire facilement mais on peut jouer les yeux dans les yeux contre des équipes comme ça. Pour moi les matches que l’on perd c’est que premièrement, défensivement on n’est pas ensemble et deuxièmement en attaque, on n’a pas la volonté de se passer la balle et de jouer ensemble. Pour moi, ce sont les deux critères qui font que l’on est excellentes quand on va gagner des matchs contre les premiers rôles. Et défensivement, on est complémentaires, regroupées.  Quand il n’y a pas ces éléments-là, on est vraiment une équipe lambda, voire une équipe de bas de tableau. La force de l’équipe c’est le collectif. Dans les autres équipes de haut de tableau qui descendent de LFB, les joueuses ont joué en Ligue féminine, elles connaissent cette exigence du haut niveau.  Et nous, nous n’avons pas les grosses joueuses que les autres équipes ont. On a des jeunes qui ont jamais connu ce niveau, on a des petites qui arrivent, et même moi 3-4 ans en arrière je jouais en Nationale 3, comme Aurélia (BOUILLON), comme d’autres. On n’a pas cette expérience-là. Notre force ce n’est pas LA joueuse, mais c’est notre collectif.

 

Même avec Olga ?

C’est une très bonne joueuse, on a vraiment de la chance de l’avoir cette année. Mais le fait d’avoir Olga qui nous amène beaucoup de points c’est vraiment un gros plus. Mais même en mettant 40 points, on n’arrive pas à gagner. Il faut qu’on trouve autre chose, et qu’on arrive à se partager la balle. Même si on a une grosse joueuse comme ça, malgré tout même si elle met 40 points dans le match, on perd. On sait qu’on ne peut pas s’appuyer que sur elle, il faut qu’on soit une équipe autour de ça. Mais on a la chance d’avoir cette joueuse et on peut aussi s’appuyer dessus.

 

L’équipe est aux portes des play-offs, mais également en position de potentiel relégable. Comment gérer ce faible écart entre ceux qui vont jouer le titre, et ceux qui vont redescendre ?

Ce que l’on se dit entre nous, et surtout la coach quand elle nous parle, on se dit que quoiqu’il arrive on a perdu des matches contre des filles qui sont derrière nous et quoiqu’il arrive elles ont le goal average sur nous. Si on ne gagne pas les matchs du dessus, elles seront forcément au-dessus de nous, de la 8ème, 9ème place, on va passer à la 10ème, à la charrette qui descend. Il nous reste 5 matches, on sait que ces matchs sont à notre portée, on ne va pas dire qu’on va gagner, mais on doit gagner. C’est 5 matches qu’on peut prendre. Dans nos têtes, c’est vraiment la fin de saison, c’est le sprint, le marathon, il reste 5 matches, c’est rien du tout dans une saison, et c’est ces 5 matches qui vont permettre de nous maintenir et de rester en play-offs. C’est l’objectif du club, de l’équipe et de chacune des filles. C’est vraiment les play-offs. Premièrement le maintien du club, y compris la 9ème place, et pour nous de jouer les play-offs ça serait vraiment bien.”

 

Est-ce que le calendrier peut vous être favorable pour cette fin de saison ?

On a le calendrier favorable, on reçoit 3 fois à la maison, là contre Calais, après on va à Roanne. Ce n’est pas un gros déplacement en termes de distance, mais ça va être le gros match.  C’est moins long, on a vraiment que Dunkerque qui va être loin. On a 3 matches à la maison, un match à côté de chez nous, ces matches-là il va falloir qu’on essaie de les gagner. Si on joue bien au basket, j’ai confiance en mon équipe, si on joue ensemble moi j’ai une totale confiance et ces 5 matches peuvent être dans notre poche. Maintenant, on est capable du pire comme du meilleur, si on arrive à bien jouer ensemble, ces matches seront acquis et on sera dans les 7-8 places des play-offs.

 

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