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Benoît MARTY (Chartres) : “Le dernier match, un scénario hitchcockien”

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Le technicien de l’ABC fait le bilan © Marc FRANZ

 

Alors que son équipe a été éliminée par Landerneau Bretagne Basket il y a quelques jours, Benoît MARTY, le coach de Chartres, a accepté de répondre à nos questions.

 

Benoît, ton équipe a vécu une saison compliquée. Peux-tu nous en refaire le film brièvement ?

Oui notre saison au global a été compliquée dans le cheminement et les résultats. Surtout lorsqu’on sort d’une saison d’exception comme la précédente, les attentes sont forcément plus élevées. Dès la préparation, les choses ont mal débuté des joueuses arrivées en décalage et des blessures qui sont venues se greffer très tôt. Tout ça ne nous a pas permis de partir sur une dynamique positive comme on aurait voulu. Ensuite, les blessures se sont enchaînées, on perdait quasiment une joueuse à chaque match. Tout cela a commencé à impacter négativement l’équipe et on perd certains matchs qui nous ont fait très mal . La perte début décembre de Tiffany (CLARKE, grosse entorse de la cheville avec rupture des ligaments, la première blessure de sa carrière, ndlr) nous met un gros coup sur la tête car c’est un élément leader de notre équipe et elle aura manqué le tiers de la saison au final. Nous faisons appel à Réjane (VERIN, en provenance de Villeneuve d’Ascq, ndlr) en renfort à la trêve, sa venue nous a fait du bien mentalement et sportivement car elle a su s’intégrer rapidement et apporter ses qualités sur le terrain. On s’est retrouvé au plus mal début février, dernières du classement et le spectre de la descente en NF1 à commencer à sortir . C’est dans cette période décisive qu’on a pu retrouver une équipe quasi complète et travailler enfin avec nos forces en présence et c’est également à ce moment que les joueuses ont montré des valeurs humaines très fortes pour nous sortir de cette situation délicate, avec la fin heureuse que l’on connaît.

 

Finaliste 2017, vous avez sauvé votre peau lors de la dernière journée avec une victoire sur Rezé. Dans ces circonstances, la qualification en quart de finale fut-elle un bonus ?

Oui, comme j’ai déjà dit précédemment, lorsqu’on finit vice-champion de France les attentes sont évidemment élevées la saison suivante. Mais le contexte à été tout autre, on a dû traverser une période très difficile pour tout le monde et on a su faire corps tous ensemble l’équipe, le staff mais également les dirigeants qui nous ont toujours apporte leur soutien . Donc le scénario hitchcockien du dernier match nous a fait passer de ce qui aurait pu être un cauchemar à une joie intense puisqu’en une soirée nous avons à la fois assuré notre maintien en Ligue 2 et gagné la qualification en playoffs. Donc oui, ç’a été à la fois un grand soulagement et un bonus qu’on a été se chercher.

 

Après un match aller où vous avez bien résisté, vous avez craqué sur le match retour. D’après toi, qu’est-ce qui vous a manqué pour pouvoir rivaliser davantage face à Landerneau sur ces 2 matches ?

A vrai dire, j’appréhendais un peu ce premier match de playoffs car je savais qu’on avait lâché beaucoup de forces et puisé énormément dans nos ressources pour en arriver là et je ne savais pas s’il nous resterait assez d’énergie pour rivaliser. Le premier match m’a rassuré sur le sujet car on accroche Landerneau certainement comme aucune autre équipe n’avait réussi à le faire chez elles. Ensuite, ce qui nous a manqué, déjà Elise (MARIE, ndlr), notre meneuse titulaire qui a raté les 2 derniers matches de saison et les playoffs dû à un gros choc reçu en fin de saison aux côtes. Donc ça nous a un peu désorganisé sur les postes arrières. Et puis il aurait fallu qu’on puisse faire deux prestations plus abouties défensivement pour espérer un meilleur résultat car Landerneau est d’abord une énorme machine à scorer aux forces multiples. On a d’ailleurs pu s’en rendre compte au dernier match où les joueuses du banc ont fait une grande différence par leur adresse de loin.

 

Comment sort-on d’une telle saison ? Quels enseignements en tires-tu ?

Tout d’abord, on sort soulagé d’avoir su se sauver et montrer malgré tout sur la fin le potentiel de l’équipe lorsqu’elle était quasiment au complet. Ensuite, on a vu que sportivement dans un championnat à 12, avec 2 descentes /11 équipes c’était loin d’être simple. Que la marge de manoeuvre entre les équipes étaient devenue infime et qu’entre une saison tranquille dans le top 4/5 et jouer le maintien, la frontière n’était pas si grande. Pour rappel, nous sommes à la lutte pour le maintien jusqu’au bout avec Arras et Calais qui étaient en LFB 2 saisons auparavant. On en tire forcément des leçons sur nous, notre manière de fonctionner, de construire une équipe et de se structurer pour essayer de sécuriser un minimum les aspects sportifs.

 

Même si on se doute que tu ne veux te mettre personne à dos, quel est ton pronostic quant au nom du futur champion ?

Pour moi, clairement, Landerneau a dominé la saison régulière, c’est la meilleure équipe de Ligue 2 cette saison et j’en fais mes légitimes favoris pour le titre et la montée en LFB.

 

Est-il encore trop tôt pour parler de l’effectif de la saison prochaine ou est-ce que tu as déjà quelques idées ?

Nous travaillons très activement sur la composition de la prochaine équipe depuis quelques semaines. Nous avons une idée assez précise de ce qu’on veut faire, les choses avancent bien mais il est effectivement encore un peu tôt pour dévoiler quoi que ce soit. Tout ce que je peux dire, c’est qu’en tenant compte des dernières saisons, nous essayons de construire un effectif solide pour de nouveau bien figurer dans cette ligue.

 

Pour celles et ceux qui ne te connaissent pas ou peu, peux-tu nous rappeler ton parcours ?

Je suis originaire de Corrèze, terre de rugby. J’ai joué 12 ans à L’US Tulle Corrèze, mon club de coeur en NM3 et NM2. Puis, je suis devenu entraîneur en 2002. J’ai commencé à entraîner au CABC basket puis j’ai entraîné en championnat de France jeunes (U15 et U18 ) à l’Union Corrèze Basket Féminin pendant 4 ans. Après l’obtention de mon BE2 en 2011, j’ai choisi de partir de ma région pour évoluer et devenir entraîneur professionnel à part entière. Je suis à Chartres depuis 7 ans maintenant et je m’y sens bien . Ça fait 4 saisons maintenant que je suis à la tête de l’équipe de Ligue 2. Cette année, j’ai aussi l’opportunité de pouvoir faire partie du staff de l’équipe de France U16 qui va participer à l’Euro en Lituanie en août.

 

 

Merci Benoît pour ta disponibilité ! Bonnes “vacances” et plein de belles choses avec l’équipe de France U16 !

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