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Frédéric SENECAUT vient de vivre une expérience hors du commun en Chine © FS

 

Deux jours après avoir remporté le championnat de WCBA en Chine avec l’équipe des Sichuan Yuanda Meile aux côtés de Frédéric DUSART dont il était assistant, Frédéric SENECAUT nous a fait l’amitié et la gentillesse de répondre à quelques questions. Nous l’en remercions très chaleureusement !

 

Cela fait maintenant 2 jours que votre équipe des Sichuan Yuanda Meile, dans laquelle tu étais assistant-coach de Frédéric DUSART, a remporté le ligue WCBA. Aujourd’hui, dans quel état d’esprit es-tu ?

Aujourd’hui, j’ai encore du mal à réaliser. Tout va tellement très vite depuis la fin du cinquième match qu’on n’a pas vraiment le temps de faire la fête. L’équipe s’est dispersée assez rapidement, on n’a pas eu l’occasion de faire un gros événement avec tout le monde, déjà parce qu’on jouait à l’extérieur et ensuite parce dans la culture ou la mentalité d’ici, une fois que le boulot est terminé, tout le monde rentre vite chez soi. On a fait un petit repas hier avec les dirigeants et les joueuses. Ca reste donc dans une mesure très pondérée : on le fête sur l’instant et je pense qu’avec Fred (DUSART), on ne réalise toujours pas vraiment. On prendra toute la mesure de la folie de cette saison une fois qu’on sera rentrés et qu’on aura retrouvé notre maison et nos proches. On sait que c’est un exploit énorme d’être la seule équipe à avoir disputé les 4 finales des 4 compétitions. L’exploit est beau mais on ne réalise pas du tout !  Au-delà du fait de ne pas réaliser, je suis très content parce que c’est une fin presque improbable. Je ne sais pas quel pourcentage de chance on avait chez les parieurs mais c’était tellement irréalisable pour tout le monde que de le faire comme ça, c’est encore grand avec cette adversité et les conditions qu’on connait sur le dernier match. Mais comme je disais, c’est difficile de le fêter avec une énergie démesurée, déjà parce qu’on n’est pas entourés des nôtres et qu’on n’arrive pas à réaliser même si on sait que l’exploit est grand. Pour ce qui donc de l’état d’esprit, je dirais donc : heureux, serein, content du travail accompli mais surtout très envie de rentrer au pays !

 

Revenons quasiment un an en arrière. Rappelle-nous dans quel contexte tu avais accepté de prendre part à ce challenge.

Lundi 10 juin 2025 à 7h du matin, alors que j’étais dans le Sud-Ouest pour faire les travaux dans la maison d’un copain, Fred (DUSART) m’appelle pour me dire « Je pars en Chine, ils acceptent que je prenne un assistant avec moi. J’ai pensé à toi, est-ce que tu veux venir avec moi ? Il me faut une réponse rapide ! » Très honnêtement, j’ai mis 7 secondes pour lui dire « oui ! » et on s’est retrouvés dans l’avion une semaine après donc ç’a été tout de suite la course : remonter du Sud-Ouest pour revenir dans le Nord, préparer mes affaires, se mettre en tête d’envoyer tous les papiers, signer le contrat, etc. tout ça en une semaine ! Fred a appelé l’un des mecs les plus fous pour l’accompagner dans cette aventure mais quand il m’a appelé pour aller en Chine ne je ne savais ni où ni quand, ni pourquoi, ni pour combien de temps, ni pour quelle équipe mais j’ai accepté au bout de 7 secondes parce que tu ne peux pas refuser une opportunité comme celle-là  !

 

Nous avons cru comprendre que, dans un premier temps, on ne vous avait parlé que du championnat uniquement réservé aux Chinoises puis, en cas de succès, de prolonger pour la WCBA. Qu’est-ce qui s’est passé entre temps ?

On s’en va là-bas mais c’est une réelle plongée dans l’inconnu parce qu’on sait qu’il existe ce championnat WCBA qui se joue différemment chaque année en fonction de si certaines compétitions complémentaires ont lieu ou non. De base, on partait pour faire la WCBA avec un premier contrat de 5 mois extensible à 5 mois supplémentaires parce que cette année, se jouaient les Jeux Nationaux, qui ont lieu tous les 4 ans. La prolongation des 5 mois suivants dépendaient donc de notre victoire ou non lors de ces Jeux Nationaux et de la volonté des dirigeants de nous conserver ou pas. Sur les 5 premiers mois, il n’y a pas les joueuses étrangères. On a donc découvert un premier tournoi qui est le « Championship », une phase qualificative d’une semaine et le tournoi en tant que tel ensuite. On l’a remporté et derrière, on a pris part aux qualifications pour les Jeux Nationaux et ces derniers, qu’on a perdus au terme d’une finale incroyable : on perd à l’extérieur contre l’équipe de la région qui accueillait la compétition, Guangdong, qui a fini deuxième de WCBA avec Aliyah COLLIER ou encore Kamilla CARDOSO. Comme je disais, c’était une réelle plongée dans l’inconnu et comme on a remporté une médaille, ils ont décidé de nous prolonger dans la foulée. Ca s’est fait assez naturellement parce qu’on a rapidement pris la mesure de notre environnement et on avait de bonnes relations avec l’environnement du club et les dirigeants. Ensuite, il y a eu l’arrivée des étrangères et on a disputé le championnat de WCBA réduit à 2 mois et ça s’est enchaîné avec les playoffs mais avant qu’ils ne débutent, on a souhaité changer 2 de nos étrangères. En WCBA, on a commencé avec Zia COOKE, Natasha HOWARD et Khaalia HILLSMAN. Zia COOKE a été coupée en janvier et remplacée par Liz CAMBAGE (qui s’est blessée entre temps mais était revenue). A la fin de la saison de WCBA, Khaalia HILLSMAN a été coupée et Arike OGUNBOWALE est arrivée aux côtés de Natasha HOWARD qui était toujours là. J’insiste mais c’était une réelle plongée dans l’inconnu. Il est très difficile via les réseaux d’avoir une vraie lisibilité du championnat. La preuve en est que la Coupe des Clubs, qui est une compétition qui n’existait pas les années précédentes, ils ont décidé de la rajouter entre la fin de saison et les playoffs pour que les équipes puissent se challenger un petit peu pendant la fenêtre internationale due aux tournois de qualification pour le Mondial 2026. Il y avait donc une période de creux à combler par cette nouvelle compétition qui, là aussi, comportait une phase qualificative et une phase finale. On a découvert les choses petit à petit et ils sont capables de t’annoncer du jour au lendemain qu’on s’en va pour une nouvelle compétition donc en termes de programmation ou d’organisation, on a pu se rendre compte qu’ils ne fonctionnaient pas du tout comme chez nous.

 

Grâce aux réseaux sociaux, tu as pu faire partager cette expérience aux gens qui te suivent. Et même si, au moment de t’adresser cette interview, tu es encore en Chine pour quelques jours, quel bilan fais-tu ?

On a réussi à partager auprès de nos amis via les réseaux notre aventure au fil de cette année même si ça n’a pas été évident parce qu’en Chine, la plupart des réseaux sociaux que l’on connait en France sont interdits. Mais le bilan que j’en fais, c’est que ce fut une très belle aventure humaine, qui est plus belle encore parce qu’elle est ponctuée par un titre majeur et d’autres médailles. C’est une vie totalement en décalé par rapport à chez nous, un réel choc culturel. Même au bout d’un an, on arrive à être encore surpris par cet immense pays, cet immense et ancien peuple. Moi qui suis très féru d’histoire et de géographie, j’avais aussi à cœur de découvrir la mentalité de ce pays et ce qu’était cette culture chinoise qui, finalement, nous parait si lointaine. Parfois, tu vis 200 ans en arrière et par moment, tu as l’impression que ce pays a 30 ans d’avance sur nous donc c’est vraiment un choc des mondes, un choc culturel, un choc des civilisations. Tu peux avoir un immeuble de 110 étages et au pied celui-ci, une pagode ou un bâtiment qui a plus de 1200 ans d’histoire. Au final, le bilan est très positif au-delà du fait qu’on ait gagné. Bilan positif parce que c’est une chance dans une vie qu’on est obligé de saisir. Tu ne peux pas passer à côté et je souhaite à beaucoup de monde de pouvoir la vivre. Quand on connait les difficultés de nos métiers, il faut savoir par moment se satisfaire et tenter des aventures car c’était une réelle aventure. En fait, j’ai du mal à en faire un bilan parce qu’on est encore sur place donc on n’a pas encore le recul nécessaire mais c’était vraiment une aventure incroyable. Et je suis content que Fred et moi ayons pu avoir l’ouverture d’esprit nécessaire pour nous adapter à cette nouvelle culture, à ce nouveau fonctionnement, ce qui n’est pas forcément le cas dans l’autre sens mais on peut les comprendre parce qu’ils ont une histoire tellement avancée par rapport à nous qu’ils sont beaucoup plus ancrés dans leurs habitudes. Mais si c’était à refaire, en sachant comment ça s’est passé, même au-delà des victoires, je repars tous les jours. Je pense aussi à des rencontres que j’ai pu faire avec des gens d’horizons divers et variés, avec du public, avec des gens dans la rue, avec des commerçants qui sont souriants, ouverts et accueillants comme jamais, avec des joueuses, étrangères ou chinoises avec des vécus différents mais le basket, ça reste le basket !

 

En off, tu as dit que l’ambiance lors du match 5 de la finale de WCBA était digne d’un match d’Euroligue. Justement, est-ce que tu trouves que l’engouement pour le basket féminin en Chine est comparable à ce qu’on voit en Europe ?

Dans le basket en Chine et plus précisément le basket féminin en ce qui me concerne, il y a un réel engouement. Tu joues dans des salles incroyables, elles ne font jamais en dessous de 4000 spectateurs avec un taux de remplissage autour des 60% en général. Les filles sont starifiées au possible sur les réseaux sociaux. Les filles ne sont pas forcément très connues à l’extérieur de la Chine mais ici, elles sont « ultra-starifiées » mais c’est à remettre dans le contexte parce qu’ils sont plus d’un milliard quatre-cent millions d’habitants donc une fille de notre équipe peut facilement avoir 300 à 400 000 followers sur ses réseaux. Quand on quitte une salle ou une compétition, on peut avoir entre 200 et 500 personnes qui attendent pour avoir des autographes même si ça dépend des endroits mais pour certaines, ce sont de vraies rockstars ! Ils ont un réel savoir-faire dans la promotion de leur sport, à l’image du logo de la WCBA, qu’on peut assimiler à celui de la WNBA. On sent qu’ils copient le modèle américain qui est un peu différent de celui qu’on voit en Europe. Tu prends l’avion tout le temps : un déplacement, c’est a minima 10 heures de voyage entre le bus, l’avion et le bus. On est toujours logés dans des hôtels de type palaces. Dans les salles, il y a donc toujours du public, de l’engouement, un arbitrage à 3 arbitres qui revisionnent les actions sur des écrans à de nombreuses reprises donc on est vraiment sur un fonctionnement très proche de celui de la WNBA, au moins dans l’image ou l’impact qu’ils essaient de donner. Ce n’est pas forcément si différemment que ça du modèle européen mais en tout cas très calqué sur le modèle américain mais encore une fois, c’est à remettre dans le contexte d’une population de 1,4 milliards d’habitants. Ce qui, pour nous, est énorme à 2000 personnes, pour eux ce n’est pas beaucoup. Les salles ont rassemblé encore plus de personnes durant les playoffs, que ce soit la nôtre qu’une petite arena de 3500 à 4000 places avec une vraie fanbase.  A Shanxi, ils ont l’une des plus belles salles de Chine si ce n’est la plus belle avec autour des 8000 places et qui est remplie. Quand je dis que ça ressemble à un match d’Euroligue, c’est que quand on est sur le banc, on ne s’entend même pas parler. On a l’impression d’être dans la salle du Partizan de Belgrade quand on regarde l’Euroligue masculine. Les fans ont un tee-shirt posé sur chaque chaise quand ils arrivent donc là-dessus, c’est totalement démesuré. De toute façon, c’est démesuré en tout ! Leur modèle de promotion sportive ne tend qu’à se développer, sans parler du niveau moyen intrinsèque des joueuses mais il y a beaucoup de joueuses de qualité, qui ne s’exportent pas.

 

Tu t’apprêtes donc à revenir en France prochainement. Est-ce que tu dirais que cette année passée en Chine t’a changé en tant que coach et en tant que personne ? Si oui, en quoi ?

Forcément, une année comme ça, ça te change, ça te fait évoluer complètement, humainement parce que ça t’apprend à ne plus te comporter « en Européen », il te faut un temps d’adaptation parce qu’on est ici dans un modèle de société très patriarcal avec une hiérarchie qui est très en place. On a notre boss, propriétaire multimilliardaire, qui se balade avec ses 2 gardes du corps. Quand tu trinques, tu mets ton verre en dessous du sien, tu fais le petit salut qui va bien et tu ne parles pas quand on ne te donne pas la parole. A table, tu es placé selon une certaine hiérarchie, notamment quand le boss te veut à côté de lui. En tant qu’assistant, forcément, ça me change parce que si tu veux être assistant en Chine avec des décisions parfois pour le coach, tu mets ton ego de côté. Si tu as un ego et que tu vas en Chine en tant qu’assistant, même en tant que coach, eh bien n’y va pas parce que tu ne peux pas résister. Tu apprends donc en termes de patience, de retenue, Pour ma part, je suis plutôt calme et pondéré donc je pense que ça m’a aidé à être beaucoup en retrait, dans l’analyse parce qu’on est vraiment dans un environnement où tout est démesuré. Quand tu perds, tu as vraiment l’impression que la Terre va s’ouvrir en deux et quand tu gagnes, tu as l’impression que c’est le Carnaval de Dunkerque donc on est vraiment dans les 2 extrêmes. Il faut donc apprendre à rester en ligne, au milieu de ces extrêmes-là. Moi qui connaissais un peu la Chine avant, de par son Histoire et par le fait que je savais ce que c’était en termes de société, je n’ai pas été plus surpris que ça mais j’ai appris à prendre du recul sur les choses. En tant que coach, tu bosses avec un avec un nouveau coach, qui a sa propre méthode, donc c’est être confronté à une autre méthode au quotidien, une autre réflexion sur le jeu, propre à Fred (DUSART), ça m’a forcément permis d’avancer encore davantage dans mes connaissances, après avoir travaillé avec Rachid (MEZIANE), avec Kévin FAUCHOIS en centre de formation ou avec Stéphane LALART, ça permet d’avancer avec ces gens et prendre ce que j’ai envie de prendre d’eux et d’avoir de nouvelles inspirations mais beaucoup de choses sont bonnes à prendre et c’est à moi de faire ma petite mayonnaise ensuite. En tant que coach, c’est aussi apprendre à travailler avec des joueuses chinoises qui ne sont pas habituées au même type de travail que nous, qui ne sont pas formées comme nous on forme en France ou en Europe. Tu cherches donc à dispenser ta façon de voir les choses et faire un mix avec ce qu’elles peuvent connaître. Il faut donc beaucoup d’adaptabilité. Ca fait donc évoluer un homme et ça fait évoluer un coach !

 

 

Dans l’effectif, il y avait des grandes stars comme Liz CAMBAGE, Natasha HOWARD et Arike OGUNBOWALE. Est-ce facile de diriger des joueuses d’un tel calibre ?

Sur cette question, je pourrais en parler des heures tellement c’est incroyable de travailler avec des filles comme ça, au même titre que les Chinoises parce qu’il y a vraiment des joueuses incroyables parmi elles. J’avais déjà eu la chance de travailler avec des filles comme Lisa BERKANI ou Sandra YGUERAVIDE, pour ne citer qu’elles, pendant un an avec Rachid mais effectivement là tu découvres des grosses stars mondiales. Liz CAMBAGE, pour moi, c’est l’une des meilleures si ce n’est la meilleure poste 5 au monde. Elle a des qualités incroyables et humainement, elle est incroyable et sur le terrain, elle est elle-même. Arike OGUNBOWALE, c’est une grosse travailleuse donc en entrainement individuel avec elle, c’est super intéressant parce que tu sens l’Américaine, qui travaille à fond, qui aime les « skills » donc elle te pousse dans tes retranchements pour chercher de la matière et la faire travailler, c’est une grosse bosseuse. Et je faire faire un point particulier sur Natasha HOWARD, qui est une fille humainement et sportivement incroyable. Je suis content d’avoir créé une connexion toute particulière avec elle, à l’image du gros « hug » qu’on se fait après la finale pendant 30 secondes où on se dit des choses sur ce qu’on a vécu des choses intenses. C’est la seule joueuse à m’avoir fait un cadeau d’anniversaire. Le plus difficile avec elle, c’est quand elle vient sur le banc, qu’elle est un tout petit peu agacée et qu’elle veut te dire quelque chose avec son anglais à 200 km/h, là oui c’est un peu plus dur de comprendre mais ç’a été drôle de lui retourner le sourire en la regardant pour la calmer et en lui demandant si elle avait compris ce qu’elle venait de me dire. Elle a su se réadapter et on a pu avoir des discussions assez profondes donc c’était une vraie découverte d’une vraie personne incroyable, Natasha HOWARD. Les autres le sont aussi mais j’ai créé un lien particulier avec elle, elle m’a d’ailleurs offert son maillot de la finale

 

Qu’est-ce qui t’a marqué le plus durant cette année ?

Même si on le sait, mais tant qu’on ne l’a pas vu on ne peut pas le comprendre, je pense à la taille de ce pays et des villes. La ville de Chengdu, où on résidait, c’est une ville de 35 millions d’habitants. On a aussi visité la ville de Chongqing, qui est aussi dans le Sichuan et qui est la plus grande ville du monde. Je crois qu’elle fait la taille de la Belgique. Tout est démesuré : les bâtiments, les routes, les centre commerciaux. Tu peux avoir un enchevêtrement de 5 centres commerciaux via des tunnels ou des escalators. Tu peux te perdre dans une telle immensité. Quand on était logés à la base de Chengdu qui est un peu à l’extérieur de la ville, pour aller au centre-ville, on prenait le taxi et en faisait 50 km mais la chance qu’on avait, c’est que ça ne coutait que 3 euros. On peut aussi manger de la streetfood pour l’équivalent de 3 euros. Ce qui m’a impressionné le plus, c’est que, d’un côté, tu es 500 voire 1000 ans en arrière et de l’autre, tu as un building tout récent. Mais en plus de la démesure de ce pays, ce qui m’a marqué c’est la gentillesse des gens, leur sourire, le côté très « safe » de ce pays. Tu oublies ton téléphone sur une table, il est toujours sur la table une heure après, ou dans un taxi, le chauffeur va te le ramener. Ils ont des points de livraison protégés en extérieurs sous des porches, ils mettent les colis dehors et personne ne les prendra. La vie et les transports ne sont pas chers, tout est fait pour que tu n’aies pas à prendre ta voiture. Je pense aussi à la nourriture : ils adorent manger épicé, c’est particulier, mon palais ne s’y est toujours pas fait ! Ce qui marque, c’est aussi la frénésie dans les villes, qui ne sont jamais calmes, hormis les parcs. On voit plus de livreurs sur des scooters que de voitures ou même que d’oiseaux ! Les villes sont propres, très vertes, et ne sont plus ultra-polluées, comme on a pu le penser avant. Je reviens là-dessus mais je repense encore une fois à la gentillesse de ce peuple. Tu peux aller acheter un paquet de bonbons, les gens sont en train de manger et voient que tu es étranger, ils vont vouloir que tu viennes manger avec eux et vont être contents, même si on ne se comprend pas et malgré tout, on va passer un bon moment avec eux.

 

 

Demain, un club chinois ou même dans un autre pays te rappelle pour rejoindre un staff la semaine prochaine ou cet été pour un début de saison en septembre. Est-ce que tu y vas ?

Bien évidemment, je repars à l’aventure dès demain si on m’appelle quelque part. Aujourd’hui, je n’ai pas particulièrement et pour moi, le monde est petit et c’est aussi pour ça que j’ai voulu faire ce métier : pour pouvoir découvrir de nouveaux horizons et avoir l’opportunité d’aller vivre de ton activité dans des pays différents, c’est un rêve. On n’est pas tous calibré de la même manière mais pour moi, c’est un rêve de pouvoir repartir demain parce que j’aime ça donc oui si on m’appelle en septembre j’y retourne sans me poser de question : je remets mon balluchon sur le dos et je remonte dans l’avion. On n’a qu’une vie !

 

Pour conclure, as-tu un message à faire passer à des gens en particulier ?

Franchement, merci pour cette question parce que je n’ai jamais pu l’exprimer. Je me suis construit dans mon métier au travers de rencontres, en plus des connaissances. La toute première, mon tout premier entraîneur : Francis PATINIER, je le cite parce que c’était mon premier entraîneur quand j’étais joueur. Ensuite, Stéphane LALART, ancien coach d’Armentières en Ligue Féminine, qui est le premier à m’avoir donné l’opportunité de découvrir le monde sénior féminin en championnat de France. C’est un excellent technicien ! Je pense aussi à Kévin FAUCHOIS, qui m’a ouvert les portes du centre de formation de Villeneuve d’Ascq. Pour moi, c’est l’un des meilleurs si ce n’est le meilleur formateur de France, dénicheur de jeunes talents, quand on voit les filles qu’il a sorties et ce qu’il a fait aujourd’hui du centre de formation de l’ESBVA-LM, comment il l’a mis sur la carte de France… Voilà, ces gens-là sont aussi des amis. Je pense aussi à Rachid MEZIANE, qui m’a ouvert les portes de la Ligue Féminine et de l’Eurocoupe pendant l’année du COVID-19 et qui avait fait de moi son deuxième assistant avec Antonio DE BARROS. Merci à Rachid de m’avoir donné cette opportunité-là et j’ai la chance qu’aujourd’hui, ça soit un ami et je vais être heureux d’aller le voir cet été et de partager quelques semaines avec lui au début du championnat de WNBA. Bien évidemment, celui que je veux citer, c’est Fred DUSART, qui m’a offert cette opportunité de partir à l’étranger et de le suivre. On se connaissait déjà en dehors du basket et sur son avant-dernière année à Villeneuve. On avait pu collaborer, non pas étroitement mais de loin à l’époque. Le mot que je veux faire passer, c’est donc remercier tous ces gens d’être dans ma vie et de faire partie de mes amis. Je ne peux pas citer tout le monde, je pense aussi à mes coéquipiers, tous ceux avec qui j’ai joué, les entraîneurs que j’ai croisés, les formateurs avec qui j’ai fait mes formations diplômantes dans le Nord. Merci d’être dans ma vie, de m’avoir fait avancer dans mon basket, de m’avoir montré la voie ou m’avoir aidé à me former et/ou m’ouvrir des opportunités parce que notre amitié a aussi permis d’obtenir ces opportunités et qu’il est important de les saisir. C’est un métier qui est aussi fait de travail. Tout n’a pas toujours été facile pour moi qui suis arrivé assez tard dans ce milieu du coaching. Il a fallu que je travaille dur avec des gens très exigeants et je veux donc les remercier de m’avoir fait partager leurs exigences du métier et m’avoir permis de m’enrichir et de m’avoir ouvert certaines portes car s’ils l’ont fait, c’est qu’ils pensaient que j’en étais capable. Pour terminer, je voulais dire que je ne perdais jamais de vue le fait que ce métier faisait parfois de la casse dans une vie. Certaines personnes en ont souffert, dans ces moments-là, tu penses aussi à elles. Elles se reconnaîtront.

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