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Marina MALJKOVIC (Galatasaray) : “Plus que contents des résultats obtenus”

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La coach franco-serbe est satisfaite de sa première saison en Turquie © Galatasaray

 

Au terme de sa première saison sur le banc de Galatasaray, Marina MALJKOVIC a eu la gentillesse de répondre à nos questions. La technicienne franco-serbe est notamment revenue sur le parcours de son équipe durant la saison mais nous a aussi parlés de son regard envers le championnat français et son retrait de l’équipe nationale de Serbie.

 

En début de saison, tu nous avais dit que tu aurais un groupe assez jeune avec des filles qui auront à cœur de se battre pour mettre en évidence leurs qualités. Est-ce que tu crois que cet objectif est atteint pour certaines d’entre elles ?

L’objectif est largement atteint ! Les jeunes joueuses turques sont toutes dans leur équipe nationale U16, U18 et U20. En parlant avec la Fédération turque et leurs coaches, je sais qu’on attend beaucoup d’elles. A Galatasaray, elles ont joué avec l’équipe pro alors que ça n’avait jamais été le cas avant. Ensuite, ne serait-ce le cas d’Yvonne ANDERSON qui est venue de Turin en Italie et qui est passée par la WNBA mais qui nous a laissées juste avant les playoffs et le match contre Hatay qui a été très dur pour nous. Je ne pouvais qu’être contente de son exploit et tout ce que la saison lui a apportée.

Après, il y a des joueuses comme Kristine VITOLA, Mariya PAPOVA ou d’autres qui ont pratiquement fait des miracles. Ca leur a vraiment permis d’évoluer dans leur carrière, elles en sont absolument conscientes.

 

En championnat, ton équipe a terminé sur le podium puis a été battue par son grand rival de Fenerbahçe en demi-finale de playoffs. Et en coupe de Turquie, vous vous êtes arrêtées en quarts de finale. Malgré tout, est-ce que tu estimes que ce bilan est positif ?

On est tous plus contents des résultats qu’on a obtenus ! Au début de la saison, tout le monde se disait que ça allait être une année de transition, de travail avec les jeunes joueuses et qu’on allait difficilement rester en première division, qu’on terminerait 8èmes ou 9èmes. Tu peux donc imaginer à quel point tout le monde est super content ! C’est vraiment une ambiance qui n’est pas facile quand il s’agit d’un club qui a remporté l’Euroligue, qui était grand et, comme c’est le cas parfois, est dans une année de difficultés et de grandes transitions. Comme je l’ai dit tout à l’heure, le travail dans le championnat turc a presque été miraculeux.

Tout le monde savait que Fenerbahçe, l’Université Yakin Dogu, l’Université Abdullah Gül, voire même Besiktas, étaient des équipes bien meilleures que nous. Une 5ème ou 6ème place, ça aurait été quelque chose d’extraordinaire. On a fait encore mieux en battant tous les grands à part l’Université Yakin Dogu. Bien sûr, ce qui a été le plus important en Turquie, c’était cette grande victoire contre Fenerbahçe (89-73 en saison régulière, ndlr) alors que cette équipe faisait une grosse saison. On va voir qui va être qui va être champion demain mais on est tous plus que content de ce qu’on a fait dans le championnat turc !

 

Les derbys contre Fenerbahçe sont sans doute les matches les plus attendus durant une saison. On connaît l’engouement des spectateurs. Toi qui les a vécus de l’intérieur, comment prépare-t-on ce genre de rencontres ?

Dans le derby du championnat turc, tout peut arriver. Malheureusement, cette saison, mon collègue George (DIKEOULAKOS, ndlr) a vu son histoire avec Fenerbahçe prendre fin après notre victoire. J’ai la chance de connaître les grands derbys dans mon pays entre l’Etoile Rouge et le Partizan Belgrade, il y a aussi celui entre le Real Madrid et Barcelone en Espagne, c’est toujours impressionnant.

En Turquie, tout peut arriver, que ce soit dans le positif ou le négatif après une victoire ou une défaite dans le derby. On a été la seule équipe, tous sports confondus, qui a réussi à battre Fenerbahçe cette année, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes. Ils disent que quand un coach ou un joueur bat “Fener”, c’est pour la vie. Tu rentres dans la famille de Galatasaray, ils t’acceptent, ils t’apprécient encore davantage. Tu peux être champion d’Europe mais battre Fenerbahçe, c’est encore plus important !

 

Votre parcours en Eurocoupe ressemble beaucoup à celui du championnat puisqu’il y avait 4 équipes turques en demi-finales, dont Galatasaray. D’après toi, qu’est-ce qui vous a manqué pour atteindre la finale ?

Comme je l’ai dit, il y avait vraiment des grosses équipes comme Fenerbahçe et l’Université Yakin Dogu. D’ailleurs, on le voit car elles sont en finale du championnat. On n’a pas pu aller plus loin en Eurocoupe mais on a fait des grands matches. Je me rappelle par exemple de Raguse en Italie ou Kosice en Slovaquie où on avait un avantage de 11 points quand on les a battues chez nous, mais aussi les Hongroises du PEAC Pécs, les Russes de Novossibirsk.

Là aussi, on est plus que contentes d’être arrivées jusqu’au Top 4. Il y a quelques regrets mais pourquoi on n’est pas allées plus loin ? Tout simplement parce qu’on est tombées sur l’Université Yakin Dogu. Si ça avait été contre une autre équipe, on aurait pu gagner et aller en finale.

 

Depuis quelques jours, nous avons relayé les informations des médias turcs concernant les transferts à Galatasaray. Gintare PETRONYTE, Jelena DUBLJEVIC, Olivia EPOUPA… Les ambitions semblent être revues à la hausse par rapport à celles de la saison 2016-2017, non ?

Oui, on va forcément être plus sérieux. On va retrouver l’Euroligue, c’était la plus belle récompense que puisse avoir un grand club comme Galatasaray. On a donc besoin d’une équipe beaucoup plus forte, c’est ce qu’on a essayé de faire avec ces recrues. En tant que coach, mon but était de me concentrer sur cela 10 jours après la fin du championnat. On peut dire qu’aujourd’hui, 80% de l’effectif a été construit pour la saison prochaine.

Evidemment, je suis très contente de l’arrivée d’une Française, Olivia EPOUPA, à Galatasaray. Je pense qu’il n’y a pas assez de joueuses françaises à l’étranger comme Endéné MIYEM, Isabelle YACOUBOU, Sandrine GRUDA ou Helena CIAK. C’est une très bonne chose pour le basket féminin français parce que ça va leur permettre de mûrir, gagner en expérience. L’année dernière, j’ai voulu emmener une joueuse emblématique du championnat français, qui vient d’être sacrée championne de France. Ca ne s’est pas fait à cause de mon arrivée tardive à Galatasaray. Par la suite, j’ai recruté Astou TRAORE, qui n’est pas Française mais que j’ai connue en LFB. Son expérience nous a beaucoup aidées. L’année prochaine en Euroligue, je vais donc travailler avec Olivia EPOUPA, dont j’attends évidemment beaucoup.

 

 

Toi qui viens donc de vivre ta première expérience en Turquie, que peux-tu nous dire sur cette ligue ? D’un point de vue purement sportif, quelles différences fais-tu avec le championnat serbe ou la LFB française ?

Sportivement, c’est une ligue que je respecte beaucoup, au même titre que la ligue française. Je trouve que c’est une ligue beaucoup moins athlétique qu’en France. Il y a beaucoup plus de grands noms, de grands CV en Turquie. Mais ce sont bien les deux championnats que je respecte le plus avec 12 ou 14 clubs d’une année à l’autre où chaque match se joue à la vie ou à la mort. Aucun match n’est facile. Par exemple, Mondeville peut battre Bourges ou le Hainaut peut créer la surprise face à Villeneuve. En Turquie, ça existe aussi ! Et une autre raison pour laquelle je les respecte c’est le public qui les suit chaque semaine et là non plus, il n’y a pas de comparaison possible avec les autres pays.

Les autres championnats sont très forts aussi mais il n’y a que 4 ou 5 clubs qui sortent du lot. Ces deux dernières années, il y a eu de belles choses en Espagne où beaucoup de clubs ont progressé.

 

Même si tu n’es plus en France, on imagine que tu as toujours un œil sur notre championnat. Qu’en as-tu pensé cette année ?

Tout le monde sait que je suis de très près le championnat français. Même si je n’y suis plus, je suis restée en contact avec les coaches et les clubs pour parler des joueuses notamment. C’était un peu différent cette année avec une équipe de Bourges qui n’était pas si forte qu’avant. Pour le plus grand plaisir des supporters, on avait de belles équipes à la lutte comme Basket Landes, Montpellier, Bourges et, bien évidemment, le champion de France Villeneuve (dont je félicite le staff et les joueuses pour ce titre parce que je sais qu’ils en rêvaient depuis longtemps !). J’ai presque autant suivi la LFB que quand j’étais coach à Lyon !

Bien évidemment, je suis très contente de certains changements très positifs qui ont eu lieu pour la saison prochaine. Je pense notamment au fait que Tony PARKER devienne le nouveau Président de Lyon. Autre chose qui me tient particulièrement à coeur, c’est que Jimmy VEROVE soit le nouveau coach de Nice avec un bon Président également. Je l’ai connu à Limoges (Bozidar MALJKOVIC, le père de Marina, était le coach du CSP Limoges lors du titre européen conquis par les coéquipiers de Jimmy VEROVE en 1993, ndlr). Je pense que ce sont de très bonnes choses pour le basket féminin français.

 

Jusqu’à quand es-tu sous contrat avec Galatasaray ?

Il me reste encore un an de contrat et ensuite, on verra !

 

Il y a quelques mois, tu as surpris beaucoup de monde en annonçant que tu quittais ton poste à la tête de l’équipe nationale pour des raisons personnelles et notamment pour pouvoir te reposer. Comment te sens-tu aujourd’hui ?

Je pense tout simplement que c’est la fin d’un épisode. C’est vrai qu’avec tous ces résultats depuis 2011, j’avais une sorte de contrat éternel avec la Serbie mais j’ai senti que c’était la fin d’une histoire, la fin d’une ère, de quelque chose de merveilleux qui restera une des meilleures périodes de ma vie, ainsi que mon équipe.

  

Toi qui as mené la Serbie jusqu’au titre européen et une médaille olympique et qui as vécu de belles expériences en club, quels conseils donnerais-tu à quelqu’un (une joueuse en fin de carrière, par exemple) qui souhaiterait se lancer dans le coaching ?

Si elles aiment ce sport qu’elles ont pratiqué, en l’occurrence le basket, si c’est vraiment de l’amour pur, c’est quelque chose qui vaut définitivement la peine. Je sais que la France, mon deuxième pays, est un pays de plaisir. Le plaisir, c’est un mot français. Si on se donne vraiment à fond, si on dépasse même ses limites, si on est vraiment dévoué à son sport, on aura comme récompense une autre dimension de la vie.

On va sacrifier les plaisirs du quotidien avec nos proches mais croyez-moi que ça en vaut la peine quand on a une médaille olympique autour du coup, quand on remporte un titre européen, que ce soit en club ou avec l’équipe nationale. C’est un autre plaisir pur qui vient de cet amour et de ce dévouement en dépassant ses limites pour ce travail que l’on aime.

 

Merci Marina pour ta disponibilité et en attendant de retourner aux affaires à Galatasaray, bonnes vacances !

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