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Emilie DUVIVIER (Montbrison) : “J’arrête cette année”

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Emilie DUVIVIER va bientôt arrêter sa carrière de joueuse professionnelle © Frédéric CAUPAIN

 

Avant que son équipe de Montbrison ne se lance corps et âme dans les playoffs de Ligue 2, Emilie DUVIVIER nous a fait quelques confidences de la plus haute importance.

 

Emilie, revenons d’abord sur cette saison 2018-2019. Même si elle n’est pas encore finie, quel bilan en tires-tu ? Est-ce que le fait de ne pas avoir fini dans le Top 4 de la saison régulière, décisif pour les playoffs, est un regret pour toi ?

On fait une superbe saison en terminant 5èmes. Un petit regret quand même de ne pas finir dans le Top 4. Nous avions vraiment l’équipe pour, surtout quand on sait que l’on a perdu 4 matches de 2 ou 3 points. C’est vraiment dommage car ça ne se joue à rien du tout ! Un panier ! Maintenant nous sommes 5èmes et les playoffs commencent. A nous de prouver que l’on méritait cette 4ème place. Les playoffs, ça n’est jamais simple mais j’y crois et j’ai confiance en mon équipe.

 

Et il parait que tu as quelque chose à nous annoncer… Nous t’écoutons. Enfin, nous te lisons !
Oui ça y est j’arrête cette année. C’est une décision très compliquée pour moi car le basket c’est toute ma vie mais voila il faut bien arrêter un jour. Mon corps me le rappelle assez souvent (rires). Plus ça approche et plus c’est dur parce qu’après, il n’y aura plus d’entraînement ni de match donc l’adrénaline va me manquer.

 

La semaine prochaine, même si on ne te le souhaite évidemment pas, tu vas peut-être disputer ton dernier match. Est-ce que tu appréhendes ce moment ou tu vas rester concentrée jusqu’au bout sur les objectifs du BCMF ?

Je souhaite que la semaine prochaine, ça ne soit pas mon dernier match bien sûr. Je sais que j’arrête à la fin des playoffs et justement j’ai envie que ça dure le plus longtemps possible. Oui j’appréhende ce moment, je sais que ça sera un moment difficile. Mais je reste concentrée jusqu’au bout sur nos objectifs.

 

Alors ça y est, ta carrière de basketteuse professionnelle sera bientôt derrière toi. Là encore, quel bilan fais-tu ?
Je suis contente de la carrière que j’ai faite. J’ai eu la chance de jouer la coupe d’Europe avec Challes-les-Eaux et de connaître l’équipe de France (17 sélections, ndlr). J’ai eu pas mal d’opération (5 au total) et je trouve que je m’en sors pas mal d’avoir pu jouer jusqu’à 35 ans. J’ai aimé les clubs dans lesquels j’ai joué même si ma préférence reste pour mon club actuel. C’est mon club de cœur, je m’y sens bien et j’ai passé 6 belles années ici. Les dirigeants, les bénévoles, les supporters sont des gens que je n’oublierai pas. Ils m’ont donné beaucoup d’amour et j’espère leur avoir bien rendu.

 

Quels sont tes meilleurs et tes pires souvenirs ?
Mes meilleurs souvenirs… Avoir pu connaître l’équipe de France. C’était un honneur de représenter mon pays lors des qualifications à l’Euro en 2008 ! Je pense aussi aux titres de championnes avec Montbrison. Les équipes de France jeunes, les pays où l’on jouait ou faisait des stages. Mes 6 dernières années ici où j’ai pris énormément de plaisir à jouer et où j’ai fait en Ligue 2 mes meilleures saisons. Mes pires souvenirs sont bien sûr les blessures. Je me suis toujours battues pour revenir. Avant de venir à Montbrison, je ne savais pas si je pourrais encore jouer. Et puis j’y suis arrivée.

 

Toi qui as joué dans l’ancienne NF1, la LFB et, plus récemment, la Ligue 2, quels changements as-tu pu constater durant ton parcours dans le basket français ?
Whaou c’est vrai que j’ai connu l’ancienne NF1, Je suis vraiment vieille alors !!! Je trouve que le basket a évolué physiquement On va plus vite plus haut, il y a plus de densité physique. La Ligue 2 est devenue un très bon championnat où l’on retrouve d’ailleurs pas mal de joueuses qui ont évolué en Ligue Féminine.

 

Tu viens d’avoir 35 ans en février. Si tu avais continué, est-ce que tu aurais eu la sensation de faire la saison de trop ?
Oui je pense que ça aurait été la saison de trop. Je pense que j’aurais encore pu jouer mais il est temps pour moi de passer à autre chose. J’ai mon diplôme de coach sportive et l’an prochain je vais passer mes diplômes de coach.

 

Pour conclure, as-tu un message à faire passer à des gens en particulier ou des remerciements à formuler ?

Je remercie toutes les personnes qui m’ont accompagné pendant toutes ces années. Mes parents, ma soeur qui m’ont suivi partout et qui m’ont permis d’arriver au haut niveau. Ils ont toujours été là pour moi et ça a été très important pour moi. Corinne qui m’a permis d’accéder au plus haut niveau et qui m’a inculqué la notion de travail. Ma famille de coeur qui me supporte dans cette épreuve et qui est là à chaque match. Aurélie ma préparatrice physique qui a réussi à gérer mes blessures, ce qui m’a permis de continuer encore quelques années et qui me soutient mentalement !!  Je pense aussi très fort à Aurélia BOUILLON, qui est devenue une bonne amie puisqu’on a joué 6 ans ensemble ici et qui, comme moi, a décidé d’arrêter sa carrière. Et merci à toi pour cette interview.

 

Mais avant cela, nous avons une surprise pour toi puisque nous avons contacté une coache que tu connais bien, Corinne BENINTENDI, qui a tenu à te faire passer un petit message.

Emilie a été une joueuse que j’ai coachée pendant une quinzaine d’années. Elle est arrivée à Challes en tant que jeune car elle venait de finir son cycle à l’INSEP et elle tire cette saison sa révérence à Montbrison après 5 saisons dont notamment notre ascension en NF1 puis Ligue 2. Elle a adhéré à ma philosophie de jeu et a su être une joueuse généreuse et fidèle. J’ai pu la voir évoluer en tant que joueuse mais aussi en tant que personne. C’est une chance pour un coach d’avoir autant d’ancienneté avec une joueuse, elle connaît mes exigences et elle sait les retransmettre sur le terrain. Sa qualité de sniper à 3 points a été le fil conducteur de sa carrière sportive, elle a su être déterminante tout au long de sa carrière. Je souhaite aujourd’hui une belle reconversion professionnelle et personnelle à Emilie même si elle restera proche des terrains, j’en suis sûre.

 

Emilie, c’est non sans émotion qu’il est temps de conclure cette petite et ultime bafouille avant que tu ne te tournes vers un nouveau chapitre de ta vie. Et même si nous n’avons pas le pouvoir de lire dans la tête de tes anciens coaches et tes anciennes coéquipières, nous sommes aujourd’hui leur porte-parole en te disant tout simplement BRAVO et MERCI pour ce que tu as apporté au basketball féminin français pendant toutes ces années. Toute l’équipe de Postup.fr te souhaite donc plein de bonheur dans tes nouvelles aventures, en espérant te revoir très rapidement au bord d’un parquet parce qu’à lui aussi, tu vas lui manquer. Merci également à toi Corinne (et à Emma, qui se reconnaîtra !)

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