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Valérie GARNIER (France et ex-Fenerbahçe) : “Je suis fière de cette sélection”

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La sélectionneuse des Bleues est à la fois frustrée de la défaite et satisfaite de son groupe © FIBA

 

Quelques semaines après la défaite de l’équipe de France en finale de l’Euro 2019, Valérie GARNIER, la sélectionneuse nationale, a accepté de revenir avec nous sur cette compétition mais aussi sur son expérience sur le banc de Fenerbahçe.

 

Depuis plusieurs années, l’Espagne est devenue l’une des bêtes noires des Bleues. Avec quelques semaines de recul, qu’est-ce qu’il aurait fallu à votre équipe pour prendre le meilleur sur celle de Lucas MONDELO ?

Cette équipe d’Espagne composée de joueuses d’expérience était plus forte, elle a un très important vécu collectif et l’expérience des grands rendez-vous.

Pour les battre, il fallait produire un match plein, et présenter une copie égale à la leur.

Notre manque de discipline en défense dès le début du match nous a coûté cher et a laissé l’Espagne démarrer très fort ce match.

 

Même si l’on imagine aisément votre frustration liée au fait d’avoir de nouveau perdu en finale, retirez-vous du positif de cet Euro 2019 ?

Bien sûr, notamment la naissance d’un groupe France élargi qui voit se mélanger 3 générations.

Chacune a pu apporter ou son expérience ou sa jeunesse et son enthousiasme pour palier l’absence d’Helena (CIAK, ndlr), de Diandra (TCHATCHOUANG, ndlr) et de Sarah (MICHEL, ndlr) pour des raisons médicales, et cela s’est retranscrit en dehors et sur le terrain.

C’est un groupe qui aime travailler, très à l’écoute et ambitieux.

 

A titre personnel, comment sort-on d’une telle compétition vécue en tant que sélectionneuse ?

Je suis fière de cette sélection de joueuses et de ce qu’elles ont accompli même si  j’aurais aimé, comme elles et mon staff, finir sur la première marche et surtout montrer un autre visage de notre équipe en finale. Cette frustration est atténuée par l’arrivée prometteuse des jeunes générations, et l’apport conséquent des joueuses cadres qui laisse entrevoir un bel avenir pour l’Equipe de France.

 

Après la demi-finale remportée face à la Grande-Bretagne, on a pu voir votre émotion en échangeant quelques mots avec Marine JOHANNES. Sans trahir des secrets, quels ont été ces mots ?

Etre coach ce n’est pas seulement être tacticienne, technicienne, et faire des choix. C’est aussi tenir compte de l‘humain, trouver les mots, valoriser et redonner confiance.

La veille de ce match, nous avions échangé ensemble un peu plus d’une heure, rien de plus, Marine a en elle tout le talent nécessaire pour effectuer ce genre de prestation.

 

Depuis quelques semaines, la jeune arrière fait ses débuts en WNBA avec des statistiques très correctes. Cette ascension assez fulgurante vous surprend-t-elle ?

La WNBA produit un basket athlétique, par son intensité physique certes mais aussi par sa vitesse de course et sa volonté de jeu rapide. Cette intention de se projeter rapidement vers l’avant correspond très bien à Marine.

 

La France a été désignée co-organisatrice de l’Euro 2021 avec l’Espagne. Même si, à ce jour, votre contrat à la tête de l’équipe de France ne court que jusqu’au terme des J. O. de 2020, que vous évoque cette désignation ? Avez-vous envie d’un « remake » de 2013 ?

Tout d’abord, l’envie de remercier la FFBB, son Président Jean-Pierre SIUTAT qui oeuvre auprès de la FIBA pour organiser très régulièrement des compétitions internationales féminines ou masculines dans notre pays.

Ensuite, c’est toujours une chance pour les acteurs de notre sport d’avoir l’opportunité de se produire devant leur public, alors oui bien sûr, un “remake ” de 2013 quant au succès et l’engouement populaire de cet Euro mais avec une victoire en finale.

 

Revenons à vous. Vous avez choisi de ne pas prolonger l’aventure sur le banc de Fenerbahçe. Pourriez-vous nous expliquer votre choix ?

Ce n’est pas tout à fait exact, quand j’ai signé pour le Fenerbahçe c’était pour les 2 derniers mois de la saison 2017/2018 et la saison 2018/2019.

Je n’étais donc plus sous contrat avec eux quand je suis rentrée en France en mai 2019.

Avant de partir, ils m’ont dit qu’ils souhaitaient me garder, surtout la General Manager Didem AKIN qui officiait à ce poste depuis 17 ans.

L’été dernier, un nouveau président et un nouveau bureau ont pris la direction du Fenerbahçe. Ils ont fait une proposition à mon agent, des négociations ont été entamées. Ils m’ont consulté aussi pour la constitution de l’équipe. Puis, les contacts se sont peu à peu espacés pour me prévenir la veille de l’Euro qu’ils avaient choisi un autre coach pour la saison à venir.

Sur les 13 joueuses présentes la saison dernière, ils en ont renouvelé seulement 5 dont 3 étaient sous contrat et ils ont fait savoir aussi à la GM qu’elle ne ferait plus partie de leur plan la saison prochaine.

 

Quel bilan faites-vous de cette expérience dans un des plus grands clubs d’Europe ?

Un bilan très positif, tout d’abord sportivement, en 10 mois passés au Fenerbahçe, nous avons remporté 2 titres de champion de Turkish League (2018 et 2019) et la Turkish Cup (2019) et aussi humainement, avec tout un groupe formé de 13 joueuses et 9 membres de staff.

Partir à l’étranger, sortir de sa zone de confort, se retrouver dans une ville de 20 millions d’habitants, côtoyer des cultures différentes, voir travailler des joueuses d’autres pays, partager avec elles est une expérience très enrichissante que je souhaite de vivre à tous les entraîneurs.

 

Quels sont vos projets pour la saison à venir ?

J’ai appris que je ne serai plus l’entraîneur du Fenerbahçe la saison prochaine fin juin. Même si beaucoup de clubs à cette période ont déjà leur coach, je suis disponible et je vais être attentive aux opportunités qui pourraient se présenter en France ou à l’étranger.

 

Merci Valérie pour votre disponibilité ! Nous vous souhaitons de retrouver rapidement un nouveau projet et en attendant, de bonnes vacances !

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